Changer de crèmerie

Signification :  Quitter un lieu (magasin, bar, restaurant…) pour aller dans un autre – Aller voir ailleurs

Origine :
Lorsque, pour une raison quelconque, on se frite sérieusement avec le patron du bar dans lequel on a l’habitude de boire ses quelques petits ballons de blanc et de refaire le monde avec ses collègues de comptoir, le matin avant d’aller au travail, il ne reste plus qu’à changer de crèmerie, au moins temporairement, le temps que l’animosité se calme.


Mais si un bar peut bien servir un « petit crème », cela ne justifie pourtant pas qu’on l’appelle une ‘crèmerie’, lieu qui, normalement, propose exclusivement des produits laitiers, d’autant plus que l’expression peut s’appliquer à n’importe quel endroit, qu’il s’agisse d’un restaurant, d’une quincaillerie ou d’un bureau de poste.

Mais il faut pourtant savoir qu’au XIXe siècle, on a désigné par ‘crèmerie’ un lieu de restauration proposant bien autre chose que des produits laitiers, lieu où parfois, la débauche battait son plein, les esprits étant bien échauffés par l’alcool qui coulait à flots.
D’ailleurs, dans le « Grand dictionnaire universel » publié par Larousse en 1863, on trouve cette définition :
« Depuis quelques années, on a désigné sous le nom de crèmeries certains établissements tenant le milieu entre le restaurant et le café, et où l’on vend de tout, excepté de la crème, espèce de gargote d’une aspect particulier, où le riz au lait, le café à la crème, le chocolat, la côtelette et les oeufs sur le plat règnent à peu près souverainement. »


On imagine alors bien quelques joyeux lurons un peu éméchés, se soutenant l’un l’autre, décidant, histoire de bien continuer la soirée, de changer de crèmerie régulièrement, passant de l’une à l’autre jusqu’à ne plus être en état de se mouvoir.


C’est par extension que le mot ‘crèmerie’ a fini par désigner un établissement, puis un lieu quelconque.  
(source : expressio.fr)

Bon dimanche à toutes et tous !

chat_227.gif (592×32)

~ par Arielle sur 13 janvier 2013.

2 Réponses to “Changer de crèmerie”

  1. souvenir d’enfant : aller à la crèmerie chercher le lait et les yaourts. Les pots vides étaient légers, à l’aller, et tintinnabulaient. Au retour le filet était lourd : la pêche avait été bonne ! C’était au temps d’avant. Avant que les yaourts ne prennent tous les gouts, toutes les saveurs. Qu’ils ne se remplissent de morceaux de fruits et ne soient vendus en pots en carton, par 6 ou 12.Chez ma grand-mère, en vacances, c’est l’épicière qui vendait tout, et dont le mari tenait le café adjacent. J’allais chercher du fromage blanc, servi dans une grande assiette creuse qu’il fallait ramener sans l’incliner. C’était un délice, encore inconnu dans les villes.Au village les deux épiceries ont été remplacées par une supérette et il n’y a plus de café. Dans ma ville aussi tout a du changer, mais en juin 62 il m’a fallu changer de crémerie, et je n’y suis jamais retourné.

    J’aime

  2. It is interesting how the meanings of words evolve over time. Nothing is concrete or changeless – not even meaning. And I too struggle with that notion.

    Great post Arielle. Have a good week. 🙂

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :