Un classique, qui se lit et se relit…

« Le Petit Prince » fête ses 75 ans: Retour sur l’aventure marocaine de Saint-Exupéry (ENTRETIEN)

« Le Maroc a joué un rôle très important dans sa vie et sa construction, en tant qu’homme, pilote et écrivain. »

DR

 

LITTÉRATURE – Il y a 75 ans jour pour jour, Le Petit Prince sortait pour la première fois aux États-Unis, un peu plus d’un an avant la mort de son auteur, Antoine de Saint-Exupéry.

Aujourd’hui, l’écrivain et aviateur français continue de fasciner.

En avril dernier, le journaliste français Frédéric Coconnier, installé au Maroc, sortait un livre sur l’aventure marocaine de Saint-Exupéry, qui a vécu dans le royaume entre 1927 et 1928, au service de l’Aéropostale. Un voyage qui aurait inspiré l’écriture du Petit Prince et marqué profondément la vie de l’écrivain, mort tragiquement lors d’un accident d’avion en juillet 1944.

Intitulé Saint-Exupéry – Une aventure marocaine, le livre de Frédéric Coconnier fera l’objet d’une conférence ce samedi 7 avril à 17 heures à l’Institut français de Casablanca. À l’occasion de sa parution l’année dernière, le HuffPost Marocs’était entretenu avec l’auteur. Nous republions aujourd’hui cet entretien.

HuffPost Maroc: Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la vie de Saint-Exupéry, et comment avez-vous écrit ce livre?

Frédéric Coconnier: C’est un récit fait à partir d’archives et d’écrits de Saint-Exupéry. Je me suis aussi basé sur le travail que j’ai réalisé en tant que journaliste sur ce sujet. J’ai notamment couvert à plusieurs reprises un rallye aérien en petit avion, entre Toulouse et Saint-Louis du Sénégal. J’ai aussi réalisé un documentaire sur l’Aéropostale, que j’ai tourné à Tarfaya (anciennement Cap Juby), où Saint-Exupéry a été chef d’escale pour la compagnie. C’est ce qui m’a donné envie de creuser le sujet, et de lire et relire ses livres. En m’intéressant à la vie de Saint-Exupéry, je me suis rendu compte que le Maroc a joué un rôle très important dans sa vie et sa construction, en tant qu’homme, pilote et écrivain. C’est cela que je montre dans le livre.

Qu’avez-vous appris de ces trois facettes de Saint-Exupéry?

Ce n’était pas spécialement un très grand pilote. L’aviateur Jean Mermoz était meilleur que lui. Mais il fallait quand même un sacré goût du risque pour voler au-dessus du désert, dans les conditions des années 20, avec les risques de pannes, d’accidents et d’enlèvements. Il faut rappeler que toute la zone qu’il survolait était tenue par les tribus insoumises. En tant qu’écrivain, c’est à Cap Juby que Saint-Exupéry a écrit son premier roman, Courrier sud, et c’est sûrement là qu’il a eu l’inspiration pour écrire Le Petit Prince quinze ans plus tard, en 1942. C’est là aussi qu’il s’est forgé en tant qu’homme. C’était un fils d’aristocrate, qui fréquentait les salons littéraires parisiens et s’est retrouvé au milieu du désert, où il a fait preuve d’une grande curiosité vis-à-vis de l’Autre. Il croyait beaucoup au contact humain.

Son histoire pour le Maroc n’a cependant pas débuté en 1927…

En effet, en 1921, il est venu pour la première fois au Maroc pour faire son service militaire. Il était dans un régiment d’aviation à Casablanca et Rabat. Cela a été un peu un choc pour lui, il s’attendait à trouver le désert à Casablanca! Il n’aimait pas trop cette ville et préférait Rabat. Il est ensuite rentré en France et en 1926, il a été engagé par la compagnie Latécoère, qui assurait les lignes de l’Aéropostale. Il a été envoyé en 1927 à Cap Juby où il est resté un an et demi. Il est ensuite parti pour l’Amérique du sud, puis il est revenu vivre à Casablanca quelque temps avec son épouse au début des années 1930. Il est également revenu au Maroc en 1936 pour le tournage du film Courrier sud, adapté de son livre et réalisé par Pierre Billon.

 

REMY GABALDA VIA GETTY IMAGES
Un dessin du Petit Prince par Antoine de Saint-Exupéry présentau Musée du Vieux Toulouse, mai 2017.

 

Avez-vous rencontré des gens qui l’ont connu?

Oui, quand j’ai réalisé un documentaire sur l’Aéropostale, je suis parti dans le sud du Maroc et j’ai rencontré quelques personnes qui l’ont connu, des anciens gamins de Tarfaya qui ont volé avec lui. Ils avaient une dizaine d’années à l’époque et sont presque centenaires aujourd’hui. J’ai même retrouvé il y a quelques années à Laâyoune un très vieux monsieur, âgé de 108 ans, qui était le gardien des hangars de l’Aéropostale à Cap Juby. Il n’avait plus toute sa mémoire, mais quand on s’est rencontrés, il m’a demandé, en parlant de Saint-Exupéry: “Pourquoi on ne voit plus monsieur Antoine?”. J’ai dû lui expliquer qu’il était mort.

Quel lien Saint-Exupéry avait-il avec le Maroc?

Il raconte beaucoup de choses sur le désert et le Maroc dans ses livres, que ce soit dans Courrier sud, Vol de nuit, Terre des hommes, Lettre à un otage… Il y a régulièrement des références, même si le Maroc n’est pas toujours explicitement cité. Son rapport avec les Maures qui vivaient dans la région de Tarfaya était assez fort. Pourtant ce n’était pas simple, car dès qu’ils mettaient la main sur un pilote étranger, ils l’enlevaient et demandaient une rançon. Mais Saint-Exupéry avait réussi à tisser des liens assez étroits avec certains Maures, il avait même appris leur langue et emmené quelques chefs de tribus en France, lors d’un voyage en Savoie.

Pourquoi est-ce important, pour vous, de sortir ce livre 90 ans après son passage au Maroc?

Il n’y a pas d’actualité particulière, mais Saint-Exupéry était un penseur dont on aurait bien besoin aujourd’hui. C’était un grand humaniste, qui faisait preuve d’ouverture d’esprit. Il disait que le fait de connaître les gens, d’aller à leur rencontre, était déjà une manière d’apporter des solutions aux problèmes. Il avait également une vraie conscience de la nécessité de préserver la Terre.

Pourquoi Patrick Poivre d’Arvor a-t-il préfacé votre livre?

Je lui ai demandé de le faire et il a accepté parce que c’est un grand admirateur de Saint-Exupéry. Lui-même a écrit plusieurs livres sur l’Aéropostale, notamment avec son frère. Son grand-père était pilote et sa grand-mère était une des meilleures amies de la veuve de Saint-Exupéry, qui s’appelait Consuelo. Quand Patrick Poivre d’Arvor était petit, elle l’appelait “mon petit prince”.

 

 

J’ai toujours adoré ce livre….

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~ par Arielle sur 5 août 2018.

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